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Etude : Quelle place pour les filles dans les Juniors Associations ?


La place des femmes et l'accès aux responsabilités constituent un enjeu de renouvellement du monde associatif. Les pratiques des adolescents sont aussi concernées, ce qui invite à questionner la participation des jeunes filles et leurs relations avec les garçons. Le Réseau national des Juniors associations a donc mandaté l'EHESP, en partenariat avec l'INJEP et soutenu par le Fonds de développement de la vie associative (ministère de la Jeunesse et des Sports) et le Commissariat général à l'égalité du territoire (CGET) pour réaliser une étude qu'ils ont publiée en septembre 2016 et intitulé « La place des filles dans les Juniors associations ».
 
Moins de filles en Junior Association (JA)
 
Les JA comptent moins de membres filles, 42,7%, que de garçons, mais 43,3% des représentants sont des filles, selon les chiffres de la base de données du RNJA en 2013. Le rapport entre les deux est donc proportionnel. C'est à partir de l'âge de 14 ans que l'écart entre leur nombre et celui des garçons se creuse. Cela s'explique par une augmentation des JA non mixtes dont une proportion plus importante de celles composées uniquement de garçons (26%) par rapport à celles composées uniquement de filles (10%).
 
La taille et la mixité des JA influent sur la présence des filles en responsabilité
 
En ce qui concerne les JA mixtes, elles comptent généralement plus de membres. Plus ces JA comptent de filles, plus elles sont présentes dans la direction de l'association. Le lien est clairement établi entre la taille de la JA et la présence de filles. A l'inverse, plus sa taille est petite, plus les responsabilités sont exercées par des garçons.
 
L'impact du mode d'organisation
 
Il est intéressant de comparer la représentation des filles dans les JA organisées de manière « classique » (président·e, secrétaire général·e, trésorier·e) et celles dotées d'une gouvernance atypique. Dans les premières, les filles occupent plus souvent le mandat de secrétaires générales et les garçons présidents. Cette tendance est la même que dans l'ensemble du monde associatif des « majeurs ».
Il faut cependant souligner que 80% des JA ne sont pas organisées de cette manière et ont une gouvernance atypique, avec une forme associative plus horizontale et égalitaire.
Se baser uniquement sur les représentant·es ne permet donc pas de comprendre précisément le rôle pris par les filles dans l'organisation. Il ne faut pas analyser leur place que sous l'angle de la prise de responsabilité mais aussi de l'implication.
 
Les facteurs d'influence
 
L'environnement et le contexte dans lequel évoluent les jeunes influent sur la mixité de leur Junior association. Ainsi, les JA au sein d'établissements scolaires sont plus mixtes et contiennent plus de filles en responsabilité. Les JA sportives sont plus marquées par une présence masculine non-mixte et plus de garçons en responsabilité même lorsque la JA est mixte. D'autres domaines sont plus marqués par la présence féminine et des filles en responsabilité tels que l'animation, le social, la solidarité ou l'environnement.
 
La mixité, plus une préoccupation de jeunes
 
Si la JA se construit sur des logiques affinitaires, comme un groupe de copains se regroupant pour des pratiques de loisirs, la mixité sera moins au rendez-vous. Au contraire, celles qui concernent l'animation locale, les actions tournées vers l'intérêt public ou le territoire ont une mixité et une place des filles dans leurs membres et dirigeant·es plus importante et cette mixité dans la représentation est recherchée.
L'étude montre également que la nature des structures qui accompagnent et les territoires peuvent influencer le type de JA et donc leur mixité. 85% des JA font le choix d'être accompagnées. Celles-ci sont en générale plus mixtes et ont plus de membres filles.
Les chercheurs se sont étonnés du fait que la mixité est plus une préoccupation des jeunes et moins des adultes.
Les adultes accompagnant les JA sont sensibles à la mixité, mais n'en font pas une priorité car ils ne souhaitent pas intervenir sur la liberté des jeunes à s'organiser.

Syntèse de l'étude.
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