Chaque année, quelques semaines avant l’assemblée générale, toutes les juniors associations sont invitées à élire leurs représentants. Mais en quoi cela consiste t’il ? Quel sera leur rôle au sein du Réseau national ? Irène, Nelly et Guillaume, élus du collège des Juniors associations l’an passé, témoignent de leur expérience.
Le Réseau National des Juniors Associations (RNJA) est géré par un Conseil d’administration (CA) qui siège tous les trois mois, dans ses locaux, à Paris. Il est composé d’adultes qui animent le réseau ou qui travaillent dans le milieu associatif, mais également de quatre représentants des Juniors associations (JA). Ceux-ci sont les porte-parole de tous les membres des JA. Ils sont élus pour un an.
Poser sa candidature.
« Le réseau national nous donne le droit et les moyens de créer notre JA. Je trouvais qu’il était de mon devoir, en contrepartie, de me présenter au conseil d’administration » explique Irène. Guillaume a lui toujours été impliqué dans la vie associative : « Je siégeais déjà au Conseil régional des jeunes du Nord. Quand j’ai postulé pour être membre du collège des JA, j’étais très motivé, car il s’agissait de porter au plus haut la parole des juniors associations. » De son côté, Nelly a beaucoup réfléchit avant de se présenter. Elle raconte : « quand nous avons reçu l’appel à candidature, nous en avons discuté tous ensemble au sein de ma junior association. Comme j’étais la présidente et que je m’impliquais déjà dans la vie de ma commune, il a été décidé que ce serait moi qui postulerais. » Elle a finalement été élue deux années de suite.
Une réunion par trimestre.
La première tâche des membres du Collège des JA est d’assister aux réunions. On en compte une par trimestre, le plus souvent le samedi. « Lorsqu’on habite en province, il faut pouvoir monter sur Paris. Il ne faut pas postuler à 13 ans, si l’on sait qu’on ne pourra pas se déplacer tout seul en train. Il ne faut pas non plus être trop vieux à cause du bac et des études », précise Irène, qui habite dans la région Rhône Alpes. Tous les frais de déplacement sont bien sûr pris en charge. Pour préparer chaque réunion, les élus reçoivent par courrier un ordre du jour et parfois quelques documents à lire. Dans l’enveloppe se trouvent également des dossiers d’habilitations, envoyés par des jeunes qui souhaitent créer une JA. « Ils doivent être lus avec attention. On détaille chacune des demandes pour vérifier qu’elles correspondent bien au Réseau et au statut de junior association. On en discute ensuite pendant la réunion », se rappelle Nelly.
Oser prendre la parole.
Le jour J, tout le monde se retrouve dans les locaux du RNJA. « Au début, c’est dur, car ce sont des adultes qui parlent de sujets que l’on ne comprend pas forcément. Mais le cadre est propice à poser des questions, il faut oser prendre la parole. Cela demande de la volonté », souligne Irène. Autour de la table, les élus du collège des JA rencontrent une dizaine d’autres personnes, essentiellement des adultes. « Ce sont ceux qui participent au réseau national », témoigne Guillaume. « Je me souviens de Thierry et de toute l’équipe. Ils étaient tous très accueillants », précise Nelly.
Donner sa vision des choses.
« Les adultes ont tendance à se faire une fausse image des jeunes. Il n’y a donc rien de mieux pour représenter un jeune qu’un jeune », affirme Irène. La place des représentants des JA est primordiale. Membres de juniors associations, ils connaissent parfaitement la réalité des choses : « On sait comment cela se passe sur le terrain et on peut en témoigner. La Junior dont je faisais partie était l’une des premières d’Alsace à ouvrir un compte en banque. J’ai pu rapporter au Réseau national comme cela s’était passé localement », témoigne Nelly. Ils apportent également leur vision des différents dossiers. « Nous avons des idées que les plus âgés n’ont pas forcément. Nous aidons ainsi à ouvrir leur regard », explique Irène. En effet, « certains projets de JA nous paraissent parfois importants, alors que les adultes ne les comprennent pas forcément. Nous avons l’occasion de donner notre opinion », affirme Guillaume. Les membres du Collège des JA sont des voix à part entière dans le Conseil d’administration. Ils peuvent également siéger dans plusieurs commissions (vacances, communication) et prendre part aux grandes décisions. « Il faut être conscient de l’impact que l’on peut avoir », poursuit Irène.
Une parole écoutée.
« Nos prises de positions font évoluer les choses », affirme Guillaume. Les élus du Collège des JA se souviennent des nombreuses fois où ils ont fait pencher la balance. Nelly en témoigne : « un jour, le Réseau national a voulu monter un nouveau dossier d’habilitation, assez difficile à comprendre. Nous leur avons expliqué que cela était trop compliqué pour des jeunes de 15 ans comme nous, et ils ont corrigé ça ». Irène approuve : « ce qui peut paraître très clair à un adulte, peut nous sembler beaucoup plus difficile ». De même, elle revient sur la mise en place des Juniors associations majeures (JAM) : « C’est une idée des jeunes. Les adultes avaient bien senti qu’il nous fallait quelque chose pour nous aider après 18 ans. Mais si nous n’avions pas insisté, il n’y aurait sûrement rien eu. »
Comprendre le réseau et le représenter.
Etre membre du Collège des JA, c’est également en apprendre plus sur le Réseau. « On découvre son fonctionnement et tout ce qui lui permet d’exister », explique Irène. « Apprendre tout cela m’a permis d’expliquer à d’autres jeunes le dispositif. Lorsque ma ville a accueilli une rencontre départementale, j’ai pu y prendre la parole et faire redescendre des informations », souligne Nelly. « Beaucoup de membres de Juniors n’ont pas conscience qu’ils font partie d’un grand réseau national. Il ne faut pas hésiter à en parler lors de réunions ou de rencontres », témoigne Guillame. Mais attention, souligne Irène, être membre du Collège c’est également avoir des responsabilités : « il faut s’impliquer tout au long de son mandat et ne pas lâcher avant la fin ».
Matthieu LAMARRE
Membre du Bureau